Pédagogie Montessori

La calligraphie

1) La phase préparatoire

 

Le geste d’écrire suppose l’acquisition de plusieurs compétences :

  1. la tenue correcte du crayon
  2. la musculature du poignet et des doigts
  3. le sens de l’écriture
  4. la précision du geste
  5. le « toucher léger »
  6. la connaissance du tracé des lettres : dernière compétence à acquérir.

Le geste d’écrire doit donc être préparé.

 

En pédagogie Montessori, la préparation à l’écriture se travaille de façon indirecte au travers des exercices de vie pratique et de vie sensorielle.

Les exercices de versés font particulièrement travailler le poignet.

L’essorage des éponges (activités liées à l’eau), les exercices de découpage favorisent la musculation générale de la main.

L’utilisation des pinces à linge, pipettes, compte gouttes font appel aux muscles en jeu dans la tenue du crayon.

Lors de la préhension des cylindres d’encastrements, les petits boutons du cabinet de géométrie ou divers puzzles, l’enfant forme la « pince à trois doigts » pour soulever les éléments. Dans tous ces cas, l’enfant opère un mouvement contrôlé.

 

 

En Montessori, l’éducateur travaille toujours, que ce soit en vie pratique ou vie sensorielle, de la gauche vers la droite, ainsi que dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour préparer l’enfant à la calligraphie.

Dans tous les gestes que nous montrons aux enfants, nous privilégions le sens de l’écriture.

Exemples :

  • pour laver la table, nous montrons à l’enfant à la brosser par larges boucles antihoraires, puis elle est rincée avec l’éponge de haut en bas en commençant par la gauche.
  • lorsque nous montrons à l’enfant à toucher les bords de chaque figure géométrique du cabinet de géométrie, nous le faisons aussi dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

 

Quand le geste de l’enfant est déjà plus maîtrisé, nous lui proposons l’exercice des formes à dessin, qui permet de travailler l’endurance dans l’effort de la tenue du crayon, ainsi qu’une grande précision.

En traçant d’abord dans le cadre puis autour de la forme, l’enfant refait ce qu’il a déjà pratiqué avec le cabinet de géométrie. Mais cette fois, il a son crayon en main et doit tenir la forme sur le papier, de l’autre main, fermement, pour qu’elle ne glisse pas pendant le tracé.

 

 

2) La calligraphie :

 

Les lettres rugueuses sont proposées progressivement à l’enfant : la première lettre de son prénom par exemple, le « p » de papa, le « m » de maman.

La prononciation phonétique de chaque lettre est donnée à l’enfant en leçon à 3 temps.

Devant l’enfant, nous touchons successivement chaque lettre avec l’index et le majeur de chaque main. Ainsi, nous n’orientons pas l’enfant dans l’utilisation exclusive d’une seule main.

 

Les tablettes rugueuses permettent à l’enfant à parvenir au « toucher léger », celui qui plus tard lui permettra de ne pas transpercer la feuille. Lorsque l’enfant appuie trop le bout de ses doigts sur le papier de verre, il se fait mal.

S’il effleure seulement, il ne sentira pas la rugosité. De même la main devra glisser sur la feuille tout en écrivant les lettres.

 

Parallèlement, l’enfant a à sa disposition sur les étagères un plateau de sable, de semoule ou de farine. Il peut ainsi s’entraîner s’il le souhaite.

Le parcours est bien sûr progressif. Plus tard, ce sera:

  • les ardoises de calligraphie
  • les feuilles de calligraphie.

 

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